La neurostimulation ou stimulation cérébrale profonde (SCP) a révolutionné le traitement de la maladie de Parkinson.

La stimulation cérébrale profonde

Il convient d'emblée de signaler que cette technique ne s'adresse qu'à 5% des patients. En France, environ 300 opérations de ce type sont pratiquées chaque année.

Qui est concerné ?

Ce sont les patients qui :

  • souffrent de la maladie de Parkinson « pure » : les malades présentant un syndrome parkinsonien ne sont pas opérables,
  • présentent des signes axiaux peu développés (troubles de l’équilibre, de l’articulation de la parole,...)
  • dont la maladie est installée depuis au moins 5 ans (ceci afin d’éviter les erreurs de diagnostic),
  • sont très améliorés par la L-dopa mais qui conservent des complications motrices (fluctuations sévères et dyskinésies),
  • sont plutôt jeunes. On estime qu’au-delà de 70 ans, les résultats sont moins probants et les risques majorés,
  • dont l’état de santé est par ailleurs satisfaisant,
  • sont désireux d’entreprendre cette démarche,

Quels sont les résultats attendus ?

Les troubles moteurs (marche, rigidité, tremblements) sont grandement améliorés :
de l’ordre de 60% à 70% de réduction de l’invalidité motrice. En fait, l’amélioration est assez similaire à celle de la L-dopa, avec un meilleur contrôle des dyskinésies dû à la réduction de la posologie de L-dopa, et avec un effet permanent.
On estime qu’à la suite de l’intervention, environ un quart des malades ne nécessitent plus de traitement médicamenteux.


Quels sont les risques ?

  • risque opératoire, dont celui de la formation d’un hématome intracrânien,
  • troubles de l’humeur, changements du comportement , apathie,
  • risque d’infection.

Quel est le principe ?

Le noyau subthalamique se situe dans le cerveau profond, sous le thalamus et en-dessus du locus niger. Sa taille est celle d’un haricot (10 x 6 x 3 mm).
Des études ont montré que la stimulation électrique de cette région améliorait les symptômes parkinsoniens chez le singe. Au début des années 90, l’équipe du Pr. Benabid (CHU Grenoble) a démontré qu’une électrode implantée en un site précis du noyau subthalamique humain, modifiait les tremblements, et qu’en particulier une haute fréquence, les supprimait.


Comment se déroule l’opération ?

L’opération se déroule sous anesthésie locale car il est nécessaire que le patient puisse interagir avec le chirurgien qui lui demande de réaliser certains gestes afin d’optimiser l’acte opératoire. Deux minuscules électrodes sont introduites dans deux orifices de chaque côté de la boîte crânienne, puis amenées à destination grâce à un guidage par imagerie médicale. La disparition du tremblement ou de la rigidité est vériifiée pendant l’opération.  Dans un deuxième temps, un boîtier de stimulation est implanté sous la clavicule, à l’instar d’un pacemaker.  Il est réglable depuis l’extérieur grâce à un programmateur. Le stimulateur est activé au bout d’une semaine, puis subit différents réglages (intensité, réglage fin des quatre plots de chaque électrode) jusqu’à disparition complète des tremblements. C’est le patient lui-même qui ultérieurement l’active en fonction de ses besoins.

Une vingtaine d’hôpitaux en France réalisent ce type d’intervention qui dure environ six heures. Le remplacement de la pile nécessite une nouvelle intervention tous les 5 ans.

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Qui peut bénéficier de la stimulation du noyau subthalamique ?

L'ancienneté de la maladie est-elle un critère important ?

Quel est le coût de cette intervention ?



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