La dopathérapie

Pour comprendre les enjeux, il faut avoir à l’esprit la chaîne simplifiée de fabrication
de la dopamine :


A l’origine de la dopamine, il y a un acide aminé, la tyrosine, largement présent dans l’alimentation quotidienne.  Inutile d’en ingurgiter de grosses quantités, car sa transformation est régulée de façon assez constante par une enzyme, la tyrosine hydroxylase.  Une autre enzyme, la dopa-décarboxylase transforme la dopa en dopamine. Le problème est qu’elle agit en différentes parties du corps (estomac, intestins, foie, reins, ...) et que la dopamine ainsi produite ne peut pénétrer le cerveau, incapble qu’elle est de franchir le système de membranes qui constitue la barrière hémato-encéphalique. Du point de vue du malade parkinsonien, c’est un gâchis puisque seulement 1% de la dopa est transformée en dopamine par la voie nigro-striatale.

La Lévo-DihydrOxy-PhénylAlanine ou L-dopa (ou encore lévodopa ou dopa) est le traitement de référence de la Maladie de Parkinson.  Elle est asociée à un inhibiteur de la dopa-décarboxylase (IDC type bensérazide ou carbidopa) qui empêche la transformation périphérique, c’est-à-dire à l’extérieur du cerveau, de la dopa en dopamine. L’IDC permet d’économiser environ 80% de la dopa disponible, et comme il est arrêté par la barrière hémato-encéphalique, il ne nuit pas à la production de dopamine dans la voie nigro-striatale.

La L-Dopa (Modopar, Sinemet, Stalavo,...) est particulièrement efficace dans l’amélioration des troubles moteurs et elle ne présente qu’exceptionnellement des contre-indications.
En revanche, elle induit deux types majeurs de difficultés, signant la fin de la phase dite de la « lune de miel » : les fluctuations motrices et non motrices, et les dyskinésies.

On estime qu'un patient sur deux est victime de ces complications au bout de quelques années de traitement

  • Les fluctuations motrices qui correspondent à l’alternance des périodes d’amélioration et de résurgence des symptômes moteurs.  Elles sont relativement prévisibles et fréquentes. L’explication est double :
    • la durée de vie de la L-dopa est limitée (de l’ordre de 4 à 6 heures),
    • au fil des ans, le stockage et la libération continue de dopamine fonctionnent moins bien du fait de la disparition des neurones dopaminergiques.

    Dans 15% des cas, on assiste en outre à l’installation de phases dites on/off,
    avec passage imprévisible et brutal d’un état de rémission à celui d’invalidité, et réciproquement.

  • Les fluctuations non motrices : troubles digestifs (nausée), irritabilité, humeur variable, somnolence diurne et perturbation du sommeil, transpiration, hypotension artérielle.

  • Les complications motrices : il s’agit de mouvements anormaux involontaires, tels que la chorée (mouvements brusques et irréguliers de tout ou parite du corps) et la dystonie qui se manifeste par des contractions prolongées des muscles d'une ou de plusieurs parties du corps, entraînant souvent une torsion ou une distorsion. 1/3 des patients sont atteints de dyskinésies après trois ans de traitement dopaminergique.
l'objectif
therapeutique

L’objectif thérapeutique
est de réduire les effets du déficit en dopamine.
A cet effet, trois principales stratégies sont disponibles :

  • augmenter la quantité de dopamine dans le cerveau,
  • limiter la dégradation de la dopamine,
  • lutter contre les effets du déficit
    en dopamine.


structure du cerveau
et réseau dopamine

Découvrez en animation le traitement de la maladie de Parkinson par la L-dopa

> liens utiles
- shop1 - ww6